Des chiffres interpellants et très inquiétants !!!

 

Des chiffres interpellants et très inquiétants viennent de nous parvenir !

 

La SNCB vient de fournir des données concernant les prises en charge du système TBL1+. Pour faire simple, le nombre de fois que le système a arrêté le train pour une vitesse excessive d’un train se dirigeant vers un signal pouvant être rouge.

Pour la période 2019, c’est 413 fois, ENORME ! Que faut-il en conclure ? Le train étant conduit par un humain, il faudrait donc en chercher les causes de ce côté-là. La formation est-elle en cause ? Y’a-t-il un problème de qualité aux séances de recrutement ? Le conducteur est-il soumis à trop de charge psychosociale ?

Sur ce point nous pouvons répondre, déjà lors d’une enquête interne après l’accident de Buizingen, on y remarquait une charge importante, avec le besoin de pouvoir souffler, d’avoir un rythme de travail moins soutenu, d’avoir une réglementation stable etc…

On a remarqué entre 2012 et 2017 des améliorations, les feux rouges brûlés diminuaient, et depuis, cela repart à la hausse. Cette hausse est due à quoi ? Nous utilisons ce que nous pouvons démontrer, à savoir la productivité, et chez les conducteurs en particulier celle-ci a fortement augmenté ! Il y’a 800 conducteurs en moins qu’en 2011, et pourtant les charges ont augmenté de +/-6%, et la SNCB va encore augmenter l’offre.

Un paramètre est le recrutement, pour avoir des candidats en suffisance, il ne faut pas mettre trop de critères de qualité, sinon il n’y a pas grand nombre qui se présente. Pourtant la sécurité devrait avoir cette exigence, mais c’est ainsi. Si en plus on soumet ce personnel à une trop forte charge psychosociale, on arrive à des chiffres alarmants, 413 prises en charge en 2019 et 87 feux brûlés en 2018.

Cerise sur le gâteau, les organisations syndicales viennent d’accepter le principe de paiement des jours de liberté en retard et ce au choix de chaque individu. Peu importe ce choix personnel, moins de jours libres, égal plus de jours de travail, cela participe à l’augmentation de la productivité et à la dégradation de la sécurité.

En 2017 nous avons fait notre propre enquête en reprenant les questions de l’enquête SNCB de 2011, et sur notre échantillon de personnes interrogées, le besoin de souffler augmente fortement !

La sécurité ferroviaire et la sécurité individuelle doivent être prioritaires, cela ne semble pas encore être le cas pour tout le monde.

Le train est un acteur important du transport, est un moteur essentiel de la mobilité, est un gage de diminution d’émission de CO². Si nous voulons que ce mode de transport soit un gage pour l’avenir, il faut œuvrer pour une sécurité optimum, c’est cela qui en fait sa qualité première.

 

Communication ASBL sécurité ferroviaire efficace du 21-02-2020