[SFE] Il est 8h28, le 15 février 2010 à Buizingen …

Il est 8h28, après 15 secondes d’un chaos indescriptible, un lourd silence pèse sur la commune de Buizingen ce lundi 15 février 2010…

 

 

Le bilan est lourd, très lourd, 19 victimes (+de 150 blessés), après les 8 morts de Pécrot en 2001, et les 18 morts de Luttre quasi 36 ans plus tôt !

Le choc a été d’une extrême violence, il faut s’imaginer l’impact entre les deux trains. Celui qui se dirige vers Liège roule à 120km/h, l’autre un city rail, roule à 100km/h, les mots manquent pour décrire la scène qui suit.

7 ans plus tard, l’ASBL SFE s’associe aux familles des victimes afin de rendre la vérité possible.

L’histoire se répète, mais ni la SNCB, ni le monde politique ne prennent des mesures à la hauteur des lacunes en termes de sécurité ferroviaire.

Entre Luttre et Pécrot 27ans, Pécrot et Buizingen 9 ans, et enfin St Georges en 2016, 7ans. Les faits sont là, implacables, les diverses politiques mises en place ne donnent pas les résultats escomptés.

A l’époque de l’accident, nous entendions déjà la même phrase « bateau » : le risque 0 n’existe pas !!!

Nous allons à contre- courant, le 0 est atteignable, il est certain que cela demande des moyens colossaux, mais c’est faisable. Dire en public que cela n’existe pas, est déjà annoncer son incapacité à réagir, une manière de s’excuser pour les futurs accidents.

C’est une évidence, des accidents arriveront encore à politique inchangée, et nous aimerions avoir tort.

En 2010, la SNCB donnait 2013 comme date référence pour l’installation de la TBL1 sur tous les trains et tout le réseau. En 2016, une telle balise aurait évité l’accident de St Georges, nous sommes donc loin du compte !

En 2010 à coûts réels de l’époque, la nouvelle gare de Liège/G était l’équivalent de l’ETCS sur tout le réseau, question de priorité politique !

En 2001, la ministre en charge du rail au moment de Pécrot, dégage une enveloppe qui permettait de développer l’ETCS sur au moins 50% du réseau. En 2005, la SNCB étudie la mise en place de la TBL, ce sont des constats.

Au moment de l’accident de Buizingen, seulement 9% des signaux de voies principales et 7% des véhicules sont équipés de cette TBL, pourtant au même moment la SNCB annonçait 25%, on en était loin. Le programme matériel s’est achevé en 2015 (2ans de retard) et celui réseau un peu plus tard.

Les leçons ne sont pas retenues, malgré les accidents, il y’a du retard dans l’installation d’un système complètement dépassé !!!

Les décideurs politiques n’ont rien compris, le RER est l’obsession actuelle, pourtant celui-ci coûtera au final plus de 3 fois l’ETCS à 100%. Un RER sans ETCS, c’est plus que doubler les risques. (Voir rapport d’expert déposé à la commission spéciale le 05/10/10)

La clé principale de la mobilité est la sécurité, après on peut développer les autres éléments, ici on assiste à l’inverse.

L’enquête est bouclée, sans doute que des vérités seront établies, quelqu’un a probablement fait une erreur, c’est humain. Par contre il faudra avoir le courage de mettre le doigt sur les vraies causes, qui viennent sans doute d’un contexte de travail et de schémas de réflexion déconnectés des vraies priorités.

 

Communication ASBL SFE (sécurité ferroviaire efficace)

 

 

 

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