[SFE] Communication concernant le nouveau contrat de gestion de la SNCB

De côté

Communication concernant le plan de gestion de la SNCB

Quasi tous les intervenants font un constat, la ponctualité n’est pas au rendez-vous, et l’offre ne correspond pas à la demande.

Des associations de navetteurs donnent des chiffres, depuis 2007 c’est une augmentation de 10% des usagers, et à peine 7 % d’offre en plus. Un autre chiffre peu cité, la Belgique passe du top 10 à la 15ième place (en Europe) en termes de sécurité, en résumé, on augmente l’offre tout en dégradant la sécurité !!! Continuons dans ce sens, et nous verrons le spectre des accidents revenir nous hanter.

Encore un autre chiffre interpellant, 7% d’offre en plus (KM/Train) réalisée avec +/- 25% en moins de conducteurs de train et ce depuis 2010, peut-on raisonnablement exiger encore plus d’offre dans ces conditions ? La réponse ne semble pas évidente pour tout le monde, c’est dangereux pour tous les usagers au final. Imaginez 25% de productivité en plus, sans compter les 20% exigé par la CEO sur 5 ans et les 2% encore en plus obtenu dans un dossier spécifique conduite, travailler dans un flux si tendu est très dangereux. Avec un réseau proche de la saturation, plus de trains c’est prendre des risques.

On s’insurge à juste titre d’ailleurs, qu’à termes, des d’arrêts et des quais seront supprimés ! Mais pour nous, le vrai scandale, c’est que la sécurité ne soit pas citée ou si peu, pourtant cela semble essentiel dans un mode de transport. Nous n’avons pas lu le contrat de gestion, mais il doit intégrer la sécurité avec obligation de résultat, c’est un minimum. Nous attendons toujours la mise en place d’une culture de sécurité, pas celle décrite dans la « propagande » grand public, mais celle qui va réellement réduire les risques. Un système intégré de sécurité au sein de l’entreprise est une nécessité, celui-ci doit être efficace, modulable suivant l’expérience, avec des échelons de priorité, le premier étant d’éviter les accidents. L’ambition doit être de mise dans ce domaine, car le retard y est important, cela doit être clair de ce contrat de gestion. Agir est plus simple que de devoir réagir dans l’urgence.

La Japon à une ponctualité exemplaire, simplement parce que ce pays à sans doute la meilleure sécurité, c’est lié.

Dans le JT de 19h sur RTL du 25/10, dans l’interview du 1ier ministre concernant le remplacement des F16, celui-ci disait investir pour l’avenir dans la sécurité du pays. De même que le gouvernement investissait dans le service public et la SNCB, tout est dans la com, digne de la méthode Coué !!!
Si investir c’est réduire la dotation de 300.000€/an pendant 5 ans, nous n’avons pas la même interprétation du mot investir. A force d’être dans le déni, on pourrait encore assister à des accidents avec des morts, et qui endossera la responsabilité ?

Apprend-t-on du passé ? Pas du tout, depuis Buizingen, on n’a toujours pas de système de sécurité couvrant 100% du réseau, on a réduit le personnel, on a réduit l’investissement, mais on augmente le nombre de train, on impose des obligations de résultats (KPI) etc… En fait, l’ornière s’est encore creusée, c’est une « gifle » de plus faite aux familles des victimes, ce n’est pas digne d’un pays comme la Belgique !

Sécurité ferroviaire efficace

Robert De Geyter President

[SFE] Communiqué suite à l’accident de Neufvilles

De côté

 

Communication du 09 juin 2018

Ce n’est pas faute d’avoir averti, mis en garde, l’accident de Neufvilles de ce vendredi 08 juin, viens rappeler la triste réalité.

Peu importe l’erreur, humaine ou technique, ici on parle d’une vitesse excessive (sous réserve), les vrais responsables sont ceux qui ne réagissent à ce qu’on leur dit. Le pouvoir politique en premier, beaucoup de bonnes intentions, mais au final très peu de résultats visibles. A force de miser tout sur la ponctualité, il faut s’attendre à des problèmes de sécurité !

Une solution, l’ETCS, depuis l’accident de Pécrot en 2001 on en parle ! 18 ans plus tard, nous en sommes à 22% d’équipement réseau, tout en sachant que la priorité (financement européen) a été donnée au couloir fret Athus-Anvers suite à l’accident de Godinne en 2012. Infrabel comme à son habitude fait une communication hors réalité, comment vont-ils arriver à installer quasi 4x plus de balises en 4x plus vite ! En effet, pour 2023 l’ETCS devrait couvrir le réseau, c’est ce qui à encore été annoncé dans la presse il y a peu.

Après chaque accident, c’est la même musique, tout est sous contrôle, franchement c’est prendre les usagers pour de demeurés ! On connait les restrictions imposées au gestionnaire de l’infrastructure via la dotation, son CEO a déjà annoncé qu’il aurait du mal à assurer l’entretien normal de toutes les lignes faute de budget, et ce dès 2020, c’est très rassurant !

Ne devrait-on pas inclure une assurance tous risques dans le prix du billet ? C’est ironique, mais est-ce si loin de la réalité du réseau belge ?

2016 et 2017 ont marqué le rail en termes d’accidents, position unique en Europe, et 2018 n’est déjà pas bon, 1 accident, et les signaux « brûlés » en augmentation, nous ne sommes qu’en juin !

On connait le risque, mais on botte en touche en espérant que rien ne se passe. Ce weekend, nouvelle procédure de départ pour les trains voyageurs de la SNCB, pourtant il y a un risque nouveau pour le conducteur, nous avons prévenu, et on fait l’autruche, la tête dans le sable en croyant être à l’abri de tous les dangers, triste réalité.

Nous avons une pensée pour les victimes de Buizingen dont le procès vient de s’ouvrir, pour celles de Saint-Georges, sans oublier la conductrice blessée à Neufvilles. Ce n’est pas la fatalité qui a tué ou blessé, mais l’incapacité à mettre en place une culture de sécurité, l’incapacité à changer le système, l’incapacité à prendre les décisions qui s’imposent tout simplement.

Robert De Geyter President SFE « sécurité ferroviaire efficace ».


Communiqué SFE du 9.06.18 Version PDF à télécharger

[SFE] Communiqué sur la nouvelle procédure de départ des trains SNCB Juin 2018

De côté

 

Depuis plusieurs mois, nous tentons de tout faire afin que la nouvelle procédure de départ soit sécurisée au maximum pour le personnel et l’usager.

Nous avions remarqué que l’analyse de risque parlait d’un risque nouveau pour le conducteur, et avions interpellé le pouvoir politique gérant les matières concernant la SNCB. Des lacunes concernant la formation du personnel concerné étaient aussi constatées, en bref, on à voulu aller trop vite dans la mise en place.

Nous tenons quand même à faire remarquer que la loi Milquet sur le bien-être dit clairement que l’employeur doit tout faire pour limiter le risque. Dans ce cas précis, on en crée un nouveau, mais la SNCB semble dire que c’est acceptable. Nous allons donc solliciter l’inspection du travail et du bien-être pour avoir un avis sur ce sujet.

Après de nombreux « palabres », un constat, nos interventions font des remous, cela dérange, et surtout cela oblige à avoir une autre réflexion sur le sujet, l’objectif était d’ailleurs celui-là.

Heureusement, et c’est rassurant, du personnel de maîtrise instruction a aussi soulevé ce problème. Et comme nous a aussi demandé à ce que les conducteurs de train ne soient pas inquiétés si une erreur était commise dans le cadre de cette procédure de départ.

Cela a créé un « remue-méninge » du côté de la direction train, quelqu’un a pris ses responsabilités en communiquant comme suit :

« M xxx, du département réglementation, a bien indiqué lors de la FP du personnel de maîtrise que les CT ne seraient pas poursuivis si une erreur se produisait, à leur niveau, dans l’application de la nouvelle procédure de départ.  La mise en application de ces nouvelles règles a été précédée d’une analyse de risques, les responsables ont estimé que la nouvelle procédure était applicable ». (Les infos personnelles ne sont pas nécessaires)

En cas de soucis graves, nous pourront désormais mettre des noms sur les responsables, quand on estime que… il faut assumer la responsabilité qui va avec !

En espérant que tout ira bien, nous ne sommes satisfaits que partiellement, car dans l’idéal, il fallait prendre des dispositions pour réduire ce risque. Des pistes de solution étaient d’ailleurs reprises dans l’analyse de risque, nous ne comprenons vraiment pas une telle précipitation.

 

Communication ASBL sécurité ferroviaire efficace.

[SFE] Encore un accident !! Un de plus hélas

De côté

Encore un accident  !!! Ce n’est même pas une surprise, hélas !

Toutes nos pensées vont aux familles des victimes et blessés, ils subissent les conséquences malheureuses d’un accident. Mais surtout ils paient au prix fort les errements d’un management qui n’a toujours pas compris que la sécurité n’est pas un slogan, mais une vraie priorité, ils paient aussi les décisions politiques en matières budgétaires.

Un accident ce n’est pas une fatalité, sur base des éléments connus à l’heure actuelle, des manquements sont mis en avant. Le principe de précaution n’a pas vraiment été respecté non plus. On évacue un train accidenté, n’est-il pas judicieux de prévoir à l’arrière du convoi un véhicule motorisé pouvant à tout moment empêcher une dérive en arrière, ou tout autre moyen capable de stopper le train en cas de soucis ? On connait le risque, n’était-il pas logique de redoubler de vigilance en sachant du personnel occupé à un passage à niveau ? C’est du bon sens, et soudain l’improbable se produit, il y a rupture, et un train fou sans freins qui roule +/- 14 km sans rien qui puisse l’arrêter. On a même provoqué une coupure de haute tension, autant dire que le gestionnaire de l’infrastructure ne savait pas ce qui roulait, cela frise « l’amateurisme », ou est le reflet d’une panique, ce qui est aussi inquiétant.

Nous sommes désolés pour le terme, mais ce n’est pas le train qui est fou (titre de la DH), mais plutôt le management qui ne jure que par la productivité et l’économie.

Reste à savoir quelle est vraiment la volonté d’améliorer les choses, c’est une question. L’année 2017 est déjà pire que 2016, or 2016 avait encore faire reculer la Belgique dans l’indice de performance européen. Ce qui veut dire qu’il va devenir très compliqué d’être dans les normes pour 2022, et ce malgré toutes les mesures prises. La SNCB risque donc d’être mise directement en concurrence pour son marché intérieur.

Nous avions déjà annoncé après l’accident de Saint-Georges que les choses continueraient de se dégrader de plus en plus vite, nous sommes tristes d’avoir raison.

Il faut obtenir la mise en place d’une cellule sécurité performante avec quelqu’un qui prendra ses responsabilités, ce genre de personne a un coût, dans ce cas c’est plus un placement qu’une dépense.

Pour avoir visité une importante entreprise privée active dans les travaux ferroviaires, nous pouvons affirmer que la sécurité de leur personnel est bien mieux prise en compte. Non seulement la prévention y est forte, mais en plus on tire profit des accidents pour aller vers un mieux.

C’est loin d’être le cas à la SNCB et chez Infrabel, quand on sait le temps perdu pour enfin voir une TBL1+ installée sur le tronçon de St Georges (plusieurs mois après l’accident), ce n’est pas très responsable. Agir de la sorte c’est augmenter les risques, alors que l’on a les moyens pour les diminuer rapidement. En reconstruisant la voie, on pouvait directement implanter cette balise, si c’est cela la culture de la sécurité, alors prendre le train devient dangereux.

Nos propos sont durs et volontairement provocateurs, c’est une nécessité si nous voulons éveiller les consciences.
Des vies sont en jeu, le personnel, les syndicats, la direction, les décideurs politiques doivent vraiment s’atteler à mettre les moyens utiles sur la priorité qu’est la sécurité.

Communication ASBL sécurité ferroviaire efficace

[SFE] Deux accidents sur une semaine, est-ce une fatalité?

De côté

 

Deux accidents sur très peu de temps, une fatalité ?

Certainement pas, nous avons déjà dénoncé des soucis de sécurité dans les grandes gares de formation, Forest et Schaerbeek sont deux endroits très exposés au danger.
En principe, quand un danger est mis en avant via plusieurs interventions, article de presse, réseaux sociaux etc… on se penche réellement sur ce problème. On ne peut pas dire que rien ne se fait, mais la réponse apportée n’est tout simplement pas à la hauteur du problème.
Très logiquement on devrait assister à un renfort de la sécurité, pour cela des gestes simples et rapides peuvent être posés, comme par exemple responsabiliser les agents par de courtes formations, améliorer l’équipement individuel, et surtout écouter le personnel qui est en première ligne.
Dans ces faisceaux de formation d’où sortent ou entrent une grande partie des trains de pointe de tout le pays, la cadence est trop élevée et l’organisation n’est pas optimum, cela crée l’insécurité.

Plusieurs points importants :

– Le manque de personnel est criant

– La pression de la hiérarchie locale pour mettre les trains à l’heure, et ce au mépris des règles élémentaires de sécurité

– Pointé aussi du doigt, la sous-traitance, où l’expertise des métiers du rail est très diluée.

Pour l’accident de Schaerbeek cela semble être la sous-traitance qui est en cause. On ne peut pas mettre un sous-traitant dans une formation où les mouvements sont légions, où à la moindre erreur c’est l’incident ou l’accident.

Le critère économique qui prévaut, ne tient plus, une machine complètement HS cela coûte combien ? Comme dans tout, il faut éviter l’excès, l’excès est dangereux.

 

Il faudra des morts pour éveiller les consciences, changer la mentalité qui consiste à minimiser les incidents, les petits ruisseaux forment les grandes rivières !!!

La culture de la sécurité n’est toujours pas de mise au sein de l’entreprise, c’est un simple constat, et ce malgré les nombreux signes annonciateurs de catastrophe.

Communication Sécurité Ferroviaire Efficace

Accident à forest formation

Accident à Schaerbeek formation

[SFE] Communication importante Juin 2017

 

 

Suite aux entrevues chez le ministre Borsus, et de nombreux échanges d’analyses et documents, nous pouvons être optimiste quant aux avancées obtenues.

Nous sommes conscients qu’il faut prendre en considération la globalité de la sécurité, néanmoins nous avons beaucoup travaillé sur le bilinguisme chez les conducteurs.

A force d’études des différentes législations et de nombreux échanges avec la commission européenne, il semblerait que nous tenions le bon bout.

Les avancées : (Suite de l’article à télécharger en pdf)

 

Erratum :

Document SFE juin 2017

[SFE] Il est 8h28, le 15 février 2010 à Buizingen …

De côté

Il est 8h28, après 15 secondes d’un chaos indescriptible, un lourd silence pèse sur la commune de Buizingen ce lundi 15 février 2010…

 

 

Le bilan est lourd, très lourd, 19 victimes (+de 150 blessés), après les 8 morts de Pécrot en 2001, et les 18 morts de Luttre quasi 36 ans plus tôt !

Le choc a été d’une extrême violence, il faut s’imaginer l’impact entre les deux trains. Celui qui se dirige vers Liège roule à 120km/h, l’autre un city rail, roule à 100km/h, les mots manquent pour décrire la scène qui suit.

7 ans plus tard, l’ASBL SFE s’associe aux familles des victimes afin de rendre la vérité possible.

L’histoire se répète, mais ni la SNCB, ni le monde politique ne prennent des mesures à la hauteur des lacunes en termes de sécurité ferroviaire.

Entre Luttre et Pécrot 27ans, Pécrot et Buizingen 9 ans, et enfin St Georges en 2016, 7ans. Les faits sont là, implacables, les diverses politiques mises en place ne donnent pas les résultats escomptés.

A l’époque de l’accident, nous entendions déjà la même phrase « bateau » : le risque 0 n’existe pas !!!

Nous allons à contre- courant, le 0 est atteignable, il est certain que cela demande des moyens colossaux, mais c’est faisable. Dire en public que cela n’existe pas, est déjà annoncer son incapacité à réagir, une manière de s’excuser pour les futurs accidents.

C’est une évidence, des accidents arriveront encore à politique inchangée, et nous aimerions avoir tort.

En 2010, la SNCB donnait 2013 comme date référence pour l’installation de la TBL1 sur tous les trains et tout le réseau. En 2016, une telle balise aurait évité l’accident de St Georges, nous sommes donc loin du compte !

En 2010 à coûts réels de l’époque, la nouvelle gare de Liège/G était l’équivalent de l’ETCS sur tout le réseau, question de priorité politique !

En 2001, la ministre en charge du rail au moment de Pécrot, dégage une enveloppe qui permettait de développer l’ETCS sur au moins 50% du réseau. En 2005, la SNCB étudie la mise en place de la TBL, ce sont des constats.

Au moment de l’accident de Buizingen, seulement 9% des signaux de voies principales et 7% des véhicules sont équipés de cette TBL, pourtant au même moment la SNCB annonçait 25%, on en était loin. Le programme matériel s’est achevé en 2015 (2ans de retard) et celui réseau un peu plus tard.

Les leçons ne sont pas retenues, malgré les accidents, il y’a du retard dans l’installation d’un système complètement dépassé !!!

Les décideurs politiques n’ont rien compris, le RER est l’obsession actuelle, pourtant celui-ci coûtera au final plus de 3 fois l’ETCS à 100%. Un RER sans ETCS, c’est plus que doubler les risques. (Voir rapport d’expert déposé à la commission spéciale le 05/10/10)

La clé principale de la mobilité est la sécurité, après on peut développer les autres éléments, ici on assiste à l’inverse.

L’enquête est bouclée, sans doute que des vérités seront établies, quelqu’un a probablement fait une erreur, c’est humain. Par contre il faudra avoir le courage de mettre le doigt sur les vraies causes, qui viennent sans doute d’un contexte de travail et de schémas de réflexion déconnectés des vraies priorités.

 

Communication ASBL SFE (sécurité ferroviaire efficace)

 

 

 

[SFE] Retards, sécurité en rade, la SNCB est-elle impuissante ?

De côté

Retards, sécurité en rade, la SNCB est-elle impuissante ?

 

Les dernières sorties médiatiques du ministre Bellot ne sont que le reflet des constats posés par les cheminots eux-mêmes et les utilisateurs.

 

Le signal d’alarme est tiré depuis un certain temps, et quand un tel signal est actionné, c’est pour arrêter le train en urgence. Le but est de forcer l’arrêt pour face à la situation critique rencontrée, y remédier, et repartir dans de bonnes conditions en toute sécurité.

 

Sommes-nous dans ce scénario ?

 

Le rail demande beaucoup d’attention, car de « moribond » à l’heure actuelle, il est pourtant incontournable pour le futur, et sa marge de progression en termes de part de marché est énorme !

 

Nos décideurs l’ont-ils compris ?

 

La réponse ne coule pas de source ! Le ministre annonce 1 milliard d’€ pour finaliser le RER et d’autres projets, c’est un bon point. Mais cette somme vient d’un endettement supplémentaire autorisé, quand on connait la hauteur de la dette actuelle (autour de 3 milliards d’€ toutes entités confondues) est-ce bien raisonnable ? De plus, ce gouvernement réduit la dotation sur 5 ans, celle-ci servant en grande partie à payer la redevance réseau, la SNCB doit donc diminuer sa capacité d’investissement.

 

Le plan d’investissement 2016-2020 est d’ailleurs réduit de 800 millions d’€ (-20%), la somme prévue tourne autour de 3 milliards d’€, dont 1.8 milliard d’€ pour l’achat des M7.

 

La SNCB est à l’heure actuelle un grand paquebot sans capitaine, et sans plan de gestion, comment pourrions-nous aller vers un mieux ?

 

Les retards des trains s’accumulent au même rythme que les retards dans les repos, congés et recrutement du personnel.
Ce lien semble facile, pourtant c’est une évidence !
Le personnel opérationnel est celui qui est le plus sollicité, celui qui gravite autour des trains, celui qui est le plus sous pression car souvent dans l’urgence. Ce personnel est victime d’un management en manque de vision stratégique, ou d’un manque de clairvoyance tout simplement.
Un petit exemple suffit, dans des endroits où les effectifs sont à 80% de leur total prévu, on ne prend pas de la charge de travail pour 100%, c’est logique. C’est pourtant souvent le cas à la SNCB. Conséquences directes, la pression se fait plus forte, plus de malades longue durée, retards de congés supplémentaire etc… au final c’est dangereux, moins productif et bien plus cher.

 

Cela est dénoncé depuis longtemps, dans des gares de formation train voyageur comme celle de Forest/voiture par exemple, il y’a des problèmes. Le personnel doit travailler dans l’urgence, se déplacer sans arrêts, manœuvrer etc… le tout dans des conditions de sécurité déplorables.
C’est aussi le cas dans d’autres endroits, ce sont pourtant des maillons importants pour la régularité des trains. Un retard à la sortie de Forest en heure de pointe et c’est la cascade.

 

L’idée du ministre de mettre un responsable par ligne pourquoi pas. Vu le maillage et la densité du réseau, ainsi que le plan de transport actuel, font que bien souvent, un problème engendré quelque part, va se répercuter ailleurs.

 

La priorité, est de renforcer l’opérationnel en comblant les ETP prévus, en renforçant les équipes pendant la période d’heure de pointe, pour la sécurité c’est beaucoup mieux. C’est parfois courageux de supprimer plus vite un train qui a des soucis pour éviter la fameuse « cascade ». Repartir mieux le matériel n’est pas sot non plus, du personnel, du matériel et on peut vite mettre en place une solution de rechange.

 

Bon nombre d’incidents viennent également d’un manque d’entretien, ou de suivi, aussi bien matériel que l’infrastructure. Oui, il y’a des événements extérieurs, notamment personnes le long des voies en fortes augmentation.
Cela ne doit pas être l’excuse, nous pouvons dire que si tous les conducteurs ouvraient grands les yeux et appliquaient à la lettre les procédures, cela serait le chaos tous les jours sur le rail !!!
L’investissement le plus urgent doit se faire en personnel, cela réduira les erreurs, et augmentera la sécurité, car l’objectif prioritaire est bien celui-là.

 

Peu le savent, mais l’offre RER est déjà présente à 70%, c’est la mise à quatre voies qui va faciliter la régularité. Il faut donc accélérer ces chantiers et y implanter aussi l’ETCS directement. Augmenter la capacité (plus de trains) en ne mettant pas l’ETCS, c’est augmenter les risques par +/-3.

 

Tous les économistes le disent, il faut investir massivement pour relancer la machine.
La situation actuelle du rail n’a rien de « glamour », comment un opérateur privé pourrait-il s’y retrouver et y investir ?

 

Il faut donc arrêter de dire qu’avec le privé cela serait mieux, surtout que la plupart d’entre eux ne voient que la rentabilité court terme, et ne donne pas un € pour l’infrastructure. Que peuvent-ils apporter de plus en régularité et ponctualité ? Par grand-chose car ils n’ont pas les clés du réseau.
L’idée, est de faire de l’outil en place quelque chose de plus performant, en ayant un vrai plan pour le long terme. Il faut emprunter au privé ce qu’il fait de mieux, gestion plus pointue, offre plus personnalisée sur certains axes etc…

 

Rien n’est insurmontable, c’est une question de volonté et de priorité !!!

 

[RTBF] Accident de train à Schellebelle : le conducteur du train responsable, selon le parquet …

De côté

 

schellebelle

 

L’accident de train survenu le 4 mai 2013 à Schellebelle (Wetteren) est « entièrement et uniquement de la faute du conducteur du train« , affirme mardi la section Termonde du parquet de Flandre orientale dans sa requête finale. Etant donné que le conducteur est décédé en 2015, personne ne sera pénalement poursuivi dans cette affaire.

Sept wagons avaient déraillé et une fuite de produit toxique s’en était suivie. Une personne âgée de 64 ans était décédée à son domicile et 200 autres avaient dû être soignées. Au total, près de 2.000 personnes avaient été évacuées.

Après trois ans d’investigations, le parquet avait annoncé le 27 mai dernier que l’enquête était bouclée. « Le ministère public, sur base de tous les éléments du dossier, arrive à la conclusion que l’accident est entièrement et uniquement de la faute du conducteur. Etant donné que celui-ci est décédé, il ne peut pas être poursuivi pénalement« , conclut la porte-parole du parquet Katrien Borms.

 

Lien vers l’article original

Réflexion SFE :

Tout ceci pour mettre encore une fois en avant l’intérêt important d’avancer au plus vite dans l’installation d’un système de sécurité comme l’ E.T.C.S !!!

Pour info, le système E.T.C.S sur le site d’Infrabel

[SFE] Longue carrière et sécurité

Afin d’éviter toutes dérives non productives, il faut absolument informer les usagers et les cheminots eux-mêmes. Le fait de s’attaquer au roulant n’est pas innocent, ce personnel de par sa fonction capable à lui seul de mettre à mal l’économie du pays s’il se fâche réellement. Cela serait une perche tendue pour attaquer encore plus la S.N.C.B. Le moment est bien choisi, car le souvenir des 10 jours de grève précédents avec sanction à la clé hante encore les esprits. Sur ce point on peut agir :

Art. 17. A peine de nullité, les pénalités doivent être notifiées par l’employeur ou son préposé à ceux qui les ont encourues au plus tard le premier jour ouvrable suivant celui ou le manquement a été constaté.
Avant la date du plus proche paiement de la rémunération, l’employeur est tenu d’inscrire la pénalité appliquée dans un registre contenant, en regard des noms des travailleurs qui en font l’objet, la date, le motif ainsi que la nature de la pénalité et le montant de celle-ci, s’il s’agit d’une amende.

Le registre doit être produit à toute réquisition des fonctionnaires et agents compétents.

Ceci est extrait de la loi (sur la réglementation du travail) du 8 avril 1965, loi qui doit être respectée par la SNCB. Il y’a donc bien un vice de forme dans la procédure, vous pouvez donc contester. Mieux, HR-RAIL devrait annuler la mesure pour tout le monde si une plainte collective lui parvenait, via un syndicat par exemple. Nous remercions d’ailleurs notre membre (P.K.) qui a pris le temps de regarder la législation, bien que ce sujet ne soit pas notre but premier, en faire profiter le plus grand nombre est toujours porteur.

Si la sécurité était la priorité n°1, on ne toucherait aux temps de récupération du roulant et du personnel de sécurité, à la longueur de la carrière non plus, ni à la compensation qui est sans doute une prochaine étape. Ces mesures seront contre productives, on peut le prouver en utilisant les enquêtes internes sur la charge psychosociale, et autres études scientifiques.

Voici un extrait d’une étude Australienne et Américaine sur le sommeil : « les conducteurs de train sont 26 % à dire qu’ils se sentent fatigués pendant leur travail et 18 % à reconnaître qu’ils ont failli faire une bourde par manque de vigilance. La proportion est moins élevée (14 %) chez les chauffeurs de poids lourds. Les pilotes d’avion et conducteurs de train en particulier manquent de sommeil. Quand ils rentrent chez eux ou qu’ils se rendent à leur travail en voiture, 6 % d’entre eux ont eu un jour un accident pour s’être endormis au volant, soit six fois plus que le reste de la population. « On devrait tous s’inquiéter de ces chiffres », estime Sanjay Patel, de la faculté de médecine de Harvard, qui a participé à l’enquête.

Cette étude préconise de réduire le temps de travail après 40 ans, nous sommes loin du compte, pourtant nous ne sommes pas dépourvus. Grâce à nos licences nous pouvons avoir des exigences très pointues afin de satisfaire le cadre légal. Les recommandations de la commission spéciale Buizingen va aussi dans ce sens, il faut aménager les plages de travail afin de permettre au roulant des temps de relaxation, des pauses en fait etc… Une fois le système E.T.C.S fonctionnel sur 100% du réseau, sans doute que ce débat pourra être plus serein.

Savez-vous que le R.E.R sans l’ETCS augmente le risque par 3 ? Ajoutez à cela du personnel soumis à une forte charge psychosociale, et nous avons tous les ingrédients pour de futurs accidents.

D’autres sources d’économies sont possibles, ce n’est pas la volonté de ce gouvernement, cela n’est pas de notre compétence. Par contre, toutes les mesures qui impactent la sécurité ferroviaire d’une manière ou d’une autre mérite une attention particulière de tous les acteurs travaillant ou utilisant le rail.

Daniel Saey administrateur A.S.B.L SFE

Sécurité ferroviaire efficace

Réforme des pensions du personnel roulant de la S.N.C.B

Michel 1er frappe de plus en plus fort…

 

Restriction budgétaire et trajectoire européenne à respecter, il y a une mesure qui va impacter le personnel roulant de la S.N.C.B de manière progressive.

 

De 55ans à ce jour, on passera progressivement à 63 ans en 2030...
La carrière pour être admissible à la pension passera elle de 30 ans à 42 ans en 2030.
Première étape, 2018, 38 ans de carrière et 57 ans afin de pouvoir prétendre à une carrière complète.
Suivant la pénibilité ou longue carrière (travail en cours sur 4 axes distincts), celle-ci sera réduite de 5 ans. Après 37 ans si on est dans la catégorie requise.
Il va y avoir des conséquences financières importantes pour certains cheminots, mais aussi des conséquences pour les usagers.

Dans des métiers de sécurité ou tout repose sur l’humain, cela devient « irresponsable » de prolonger ces travailleurs, tout en leur demandant de maintenir un niveau d’exigence en constante augmentation. (Voir A.R de 2015 sur le code ferroviaire). Surtout que l’on constate déjà une impossibilité d’être dans le cadre de la loi avec le niveau de formation prodigué, résultat la sécurité ferroviaire va encore reculer, triste constat.