[SFE] Le bilinguisme et la réglementation à la SNCB …

Après différents traitements dans la presse (RTL et La Libre Belgique), nous constatons que le problème du bilinguisme fait toujours débat ainsi que la réglementation.


Nous soutenons les courageux qui ont décidé de briser « l’omerta », il faut vraiment trouver des solutions qui vont améliorer la sécurité.
Le ministre Ducarme (en charge du SSICF), a déclaré en séance plénière de la chambre que l’article de presse n’était pas la réalité de terrain. Nous irons dans son sens, à notre avis, c’est encore pire que ce qui est dénoncé. Nous savons d’ailleurs que la « chasse » a commencé pour trouver les auteurs des fuites sur ces sujets, ce n’est pas là l’attitude d’une société apprenante, la culture punitive est toujours bien ancrée actuellement, cela pénalise le dialogue constructif.


Nous portons le dossier du bilinguisme depuis 2 ans, et chacun se retranche derrière sa position, en attendant c’est le personnel de conduite qui a toute la responsabilité de ces problèmes sur les épaules.
Qu’en est-il exactement avec la connaissance linguistique ?
La directive CE882/2016, considère que le niveau B1 exigé, est une charge inutilement élevée pour les conducteurs qui ne dépassent pas la gare frontière d’un autre état membre. Les états doivent néanmoins prendre des mesures pour assurer une bonne communication entre ses conducteurs et le gestionnaire d’infrastructure. Donc il faut axer sa formation sur les procédures de sécurité, pour en comprendre les termes.
La SNCB s’inscrit dans ce schéma avec la formation qui est dispensée actuellement.
Mais il y a un hic ! En Belgique rien n’est simple, et fait unique en Europe, elle dispose d’une frontière linguistique. L’Europe quant à elle, ne reconnait que les frontières physiques.
La législation et le découpage géographique, font que chaque personne qui franchi cette frontière « fictive » doit pouvoir converser dans la langue de l’endroit. Ici, il ne s’agit plus de procédures, mais de conversation courante, le niveau est donc bien supérieur.
Cela veut dire que la grande majorité des conducteurs ont un niveau linguistique qui n’est pas à la hauteur du niveau exigé, c’est un fait et c’est là le nœud du problème actuel.
En principe, un conducteur qui reste dans sa région et qui ne dépasse pas la première gare frontière d’un état voisin, a le niveau suffisant avec la formation reçue, le tout sous contrôle du SSICF.
Par contre un conducteur qui opère de l’autre côté de la frontière linguistique, doit avoir un niveau proche d’un bilingue, il peut être interpellé pour toutes sortes de causes, doit pouvoir comprendre et y répondre parfaitement. Ici c’est du ressort législatif Belge, il serait donc
pertinent que cette connaissance soit contrôlée par un organe autre que le SSICF. Celui-ci n’est
pas compétent dans l’application législative sur l’utilisation des langues en Belgique. Le SELOR
pourrait être ce contrôleur, très vite on verrait que la formation n’est adéquate.
Il serait très simple de faire un audit sur le sujet, on prendrait au hasard 50 conducteurs de
chaque région, qui passeraient le test au SELOR et nous saurions vite qui a raison !
Sans compter qu’avec l’ouverture des marchés, un conducteur « étranger » a lui le niveau B1
requit pour circuler hors des ses frontières, cela lui donne une qualité supérieure.


Vous aurez compris toute la complexité de ce problème, néanmoins, en termes de
responsabilité en cas de soucis importants, c’est dangereux.
C’est l’employeur qui fournit les annexes licence, c’est donc à lui faire le nécessaire pour que
son employé reçoit la formation adéquate correspondante aux compétences reprises dans
celles-ci. On pourrait dire qu’à l’heure actuelle, on oblige le conducteur bien malgré lui à
remplir des tâches pour lesquelles il n’a pas le niveau.
Il serait opportun que les conducteurs fassent acter cela par voie de justice, afin de se prémunir
en cas d’accident ou d’incident important.

A ce jour, la SNCB n’a toujours pas envoyé de
document à ses conducteurs pour leur dire qu’elle endosse toute la responsabilité s’il y avait
un accident ou un incident dû au domaine linguistique. Cela a pourtant été exigé par les
syndicats dès janvier 2017, on attend toujours.


Pour rappel, le ministre Bellot a d’ailleurs demandé à la SNCB de tout mettre en œuvre pour
que les conducteurs puissent acquérir le niveau prévu dans le cadre légal. En effet, tous les
conducteurs ayant obtenu leur licence avant le passage au niveau B1, étaient automatiquement
considérés comme ayant celui-ci, à charge de la SNCB de prendre des mesures pour que cela
soit une réalité via des formations et un suivi à la hauteur de l’exigence.


Nous sommes en 2019, et le problème se pose toujours, faudra-t-il un accident pour la SNCB
prenne des mesures drastiques ?
Nous pensons que le facteur économique prend le pas sur la sécurité, car si le niveau réel actuel
devait être vérifié de manière sérieuse, nous pouvons estimer que 50% (en étant optimiste) des
trains ne rouleraient pas faute de niveau suffisant.
Nous osons croire que les derniers événements feront bouger les choses dans le bon sens, mais
nous avons franchement de gros doutes.


Communication ASBL sécurité ferroviaire efficace.
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