[Dh] Les conducteurs de train fuient leur metier.

Le constat est interpellant, nous le savons, nous avions réalisé une enquête début de cette année. La S.N.C.B minimise encore une fois et de plus fausse les chiffres en changeant les règles d’admission aux examens et en limitant l’accès aux agents ayant 10 ans d’ancienneté…

Article complet :
Quelque 400 agents de la SNCB se seraient inscrits à un examen afin de changer de fonction.
Depuis quelques mois, le ras-le-bol gronde dans les rangs des cheminots. Les syndicats s’inquiètent du départ de conducteurs de train vers d’autres fonctions internes. Un départ que certains n’hésitent pas à qualifier “d’exode”.
Selon plusieurs sources, quelque 400 conducteurs souhaiteraient changer de poste à la SNCB. Un chiffre difficilement vérifiable mais qui interpelle. En effet, cela signifierait que plus d’un conducteur sur dix aurait besoin de changer d’air puisque la SNCB compte 3.658 conducteurs. Contacté par nos soins, HR Rail a revu ce fameux 400 à la baisse, parlant plutôt d’une cinquantaine de conducteurs concernés.
Le terme exode trotte à la SNCB depuis un petit temps. Cela remonte à quelques mois, lorsque des cheminots ont profité d’une brèche dans le système.
Aux chemins de fer, il existe 9 niveaux. Le niveau 1 correspond à la Direction et le 9 aux agents de métier, comme les nettoyeurs. Les conducteurs, accompagnateurs, sous-chef de gare, techniciens, etc., sont au niveau 5. Pour monter d’un grade, chacun peut passer un examen de promotion. Par contre, pour changer de fonction au sein du même grade, il faut avoir 10 ans d’ancienneté. Or, c’est précisément ce que des conducteurs ont tenté de faire. “Une cinquantaine de conducteurs maximum ont tenté de s’inscrire (à un examen pour devenir sous-chef de gare, NdlR)”, indique Alain Dupont, coordinateur de la communication d’HR Rail.
LA FORMATION DES conducteurs, “qui implique une grande responsabilité et ne s’apprend pas sur les bancs de l’école”, comme la définit HR Rail, dure un an et est rémunérée par la SNCB. Le délai de dix ans existe donc pour rentabiliser cet investissement.
Bref, les conducteurs qui ont voulu passer un examen de sous-chef de gare n’étaient pas dans leur droit. Le hic, c’est que quand ils se sont inscrits, HR Rail a accepté leur candidature. Ni une ni deux, les cheminots se sont engouffrés dans la brèche. Sauf qu’une fois la bourde repérée, la Direction a voulu faire marche arrière. D’où la colère des conducteurs, qui ont cru pendant un instant pouvoir échapper à leur fonction.
Aujourd’hui, HR Rail précise avoir “autorisé les conducteurs qui avaient plus de 10 ans d’ancienneté et respectaient donc les conditions requises à passer les épreuves”. Reste que l’univers ferroviaire doit répondre à une question pour le moins inquiétante : beaucoup de travailleurs semblent prêts à contourner le règlement pour changer de métier. Pourquoi ? Qu’ils soient 50 ou 400, le malaise est plus que palpable.
“L’esprit cheminot a disparu
De nombreuses raisons à l’exode des conducteurs
“Quand j’étais gosse, je regardais les trains passer derrière la cour de l’école. Je savais que plus tard, j’en conduirais un. Ce métier, c’est vraiment une vocation”, confie un conducteur. D’après notre interlocuteur, le monde du chemin de fer a bien changé depuis 1999, année où il est entré en service. “À l’époque, quelqu’un qui voulait quitter le métier, ça n’existait pas. On se disait qu’on allait finir notre carrière à la SNCB. Ce n’est plus le cas. L’esprit cheminot, ça n’existe plus.” D’après notre interlocuteur, le ras-le-bol général a commencé vers 2010. “Les gens voulaient devenir sous-chef de gare ou signaleur. Donc, ils restaient quand même en interne. Aujourd’hui, ils veulent vraiment quitter la société. Pas une semaine ne passe sans qu’on en parle.”
Les raisons qui se cachent derrière ce mal-être ambiant sont nombreuses. Certaines semblent peser plus lourd que d’autres, comme le préavis d’un an, les exigences linguistiques, le stress de la ponctualité, le matériel défectueux, la pénibilité du métier mais aussi les mises à pied de plus en plus nombreuses. Viennent s’ajouter les facteurs tiers, comme les suicides et les accidents aux passages à niveaux.
LES CHANGEMENTS incessants de réglementation, notamment en ce qui concerne la signalisation, sont également pointés du doigt. “Quand je suis rentré à la SNCB, il y a 17 ans, ma formation se basait sur un règlement datant de 1978. À partir de 2005, il y a eu une refonte de tout le système : la conduite, la signalisation, le système de freinage, etc. On pensait repartir sur des bases pour les 30 prochaines années. Sauf que depuis, ça change tout le temps. Ça s’est un peu calmé mais pendant tout un temps, c’était trop. Parfois, on n’a même plus le temps de mémoriser les changements avant qu’ils ne changent !”
Notre conducteur, qui n’a jamais voulu changer de métier, conclut sur un coup de gueule. “On nous a enlevé beaucoup de choses, au fil des ans. Aujourd’hui, le gouvernement nous demande de faire plus et mieux avec moins. On a l’impression de n’avoir aucune valeur, de n’être qu’un pion avec lequel on joue. Il faudrait que tout le monde se souvienne que sans nous, les trains ne roulent pas !”

http://www.dhnet.be/actu/belgique/1-conducteur-de-train-sur-10-veut-changer-de-job-59135e8ccd70022542bf0c43

One thought on “[Dh] Les conducteurs de train fuient leur metier.

  1. franklin delvinquiere

    Après avoir réussi les deux premières étapes d’accès pour devenir conducteur de train ( inscription en octobre/novembre 2017) je connais un candidat (âgé de 39 ans) qui attend la suite qui devrait lui être réservée, à savoir un examen médical et sa formation. Nous sommes en juillet 2018 et il n’a pas encore reçu le moindre signe de la SNCB pour devenir conducteur, via la formation.
    Cette situation est lamentable, eu égard aux appels de recrutements effectués par la SNCB.
    Depuis 8 mois, cette personne est comme Soeur Anne, elle ne voit rien venir!

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.