[SFE] Billet d’humeur sur cette fin d’année 2016 (one man car)

De côté

 

 

Un accident plus tard, 2016 à encore montré un recul de la sécurité ferroviaire. Face à la détresse des familles des victimes, face à « l’omerta » qui règne en maître à la SNCB, avec quelques autres nous avons fédéré les bonnes volontés en une A.S.B.L .
Au début cela à fait sourire, pourtant en quelques mois nous avons fait beaucoup. Nous avons pris position sur une législation mettant les conducteurs en difficulté, et par conséquent faisait reculer la sécurité. Au final, tout le monde désormais s’en occupe, et nous allons vers un mieux.

 

Nous venons de dénoncer le one man car, les syndicats et certains partis politique aussi, en espérant que la réflexion porte ses fruits.
Si pas, nous enfoncerons le clou via des campagnes ciblées vers l’usager. Quoi que l’on en dise, faire circuler un train sans chef de bord, n’aura jamais le même niveau de sécurité qu’actuellement.

 

Désolé de contre dire le porte-parole de la S.N.C.B, mais jamais personne ne pourra anticiper tout ce qu’il peut se passer dans un train. Un mot, un regard, un geste, et en quelques secondes tout peut basculer.
Il est vrai qu’une vie, une victime ou une agression ne pèse pas lourd face à la dette de la S.N.C.B. On gagnera +/- 450 salaires, soit des dizaines de millions d’€, comparé aux indemnités qui seraient payées aux futures victimes et familles, la société est largement gagnante. Au pire si c’est vraiment intenable en termes d’incidents, on dira que finalement c’est trop dangereux, et les trains seront supprimés, encore une économie.

 

Il serait opportun de voir les premiers concernés (les chefs de bord), eux aussi s’exprimer, parler du quotidien de ce métier, des contraintes, des pressions de la ligne hiérarchique, du manque d’effectif, du retard toujours plus grand des jours de repos et de congé, etc…. L’A.S.B.L défend la sécurité dans son ensemble, nous invitons donc les différentes corporations concernées à s’exprimer, nous respecterons l’anonymat, par contre les informations récoltées sont essentielles pour interpeller et dénoncer.

 

N’hésitez donc pas à nous contacter via notre mail info@asbl-sfe.be

 

Communication SFE

[SFE] Le ONE MAN CAR, le déclin de la sécurité, c’est inacceptable selon nous !

De côté

 

L’A.S.B.L S.F.E se montre très interrogative concernant la future mesure dite du “one man car”.

Quelle que soit la future procédure, peu importe où et comment cela sera mis en place, retirer la seule présence physique dans le train est un recul pour la sécurité.

La loi Milquet sur le bien-être (04/08/1996) abonde dans notre sens : éviter les risques, combattre les risques à la source, remplacer ce qui dangereux par ce qui l’est moins, …

Rien que pour ces quelques points, retirer le personnel de bord c’est augmenter les risques, c’est même en créer d’autres, et par conséquent c’est bien plus dangereux.

L’AR 2015 modifiant le code ferroviaire, ne prévoit pas la gestion d’incidents pouvant résulter de conflit entre voyageurs, de situation en cas dégradation grave du matériel (bris de vitre etc…).

Comment un conducteur pourrait-il quitter son poste de conduite en toute sécurité, si la situation est conflictuelle dans le train ? Il est amené à quitter son poste pour se rendre à un signal pour une procédure, pour effectuer une visite technique de son train en cas de problèmes etc… Est-il bien raisonnable de laisser un train avec des voyageurs à bord sans aucune surveillance ?

Comment va-t-on évacuer un train avec un conducteur en état de « détresse psychologique » après un heurt de personne par exemple ? Ou encore après un incident physique (malaise etc…), dans ce cas le chef de bord est le garant de la sécurité.

Il y a une régression manifeste de la sécurité !

Dans une société où le respect d’autrui est de moins en moins présent, où les trains sont de plus en plus surchargés, où les incidents entre voyageurs pourront dégénérer de manière ingérable, cela parait irréaliste, l’accompagnateur est plus qu’un portier.

Une fois de plus, le conducteur sera le seul à bord et ce sera forcément une pression supplémentaire pour lui, des risques nouveaux de déconcentration sur sa mission qui est de conduire le train.

Savez-vous que pour l’accident de Mons seules 2 secondes on suffit pour que le conducteur ne remarque pas le signal qui l’invitait à freiner ? Là où il faut du soutien on enlève une aide précieuse en laissant place à de nouveaux risques d’accident.

Ce n’est pas tout, entendu à la radio : « la SNCB ne recevra plus d’investissement mais la sécurité ne sera pas impactée ».

La sécurité demande des investissements en urgence, alors que les décisions vont dans le sens inverse.

Nous posons aussi la question aux syndicats : on boude où on agit ? Vous ne pouvez plus dire que vous êtes à cours d’argumentations, vous pouvez contrer cette mesure qui va à l’encontre de la sécurité en utilisant la législation.

Les voyageurs doivent se poser la question, qui serait, même si la probabilité est infime :

« Vais-je risquer ma vie, mon intégrité physique, afin que la SNCB puisse faire quelques économies ? »

Nous aimerions aussi savoir comment la SNCB va-t-elle tester ce genre de train ? Si elle a déjà fait des essais, ceux-ci ne peuvent pas compter.

En effet, le règlement du conducteur interdit de rouler en charge (avec des voyageurs) sans avoir une escorte (un accompagnateur, chef de bord). Même si ce sont des chefs (instructeurs, etc ) qui le font, eux-mêmes sont soumis aux mêmes règles que le conducteur. Il faudra donc changer la réglementation et la législation, et si celles-ci devaient aller dans le sens du one man car.

En bref, cette procédure ne devrait pas voir le jour si la sécurité est bien une priorité !

[SFE] Réponse du Cabinet de Monsieur Borsus Concernant l’ A.R linguistique et son application avec le S.S.I.C.F

Citer

Vous trouverez sur notre forum la réponse officiel du cabinet de Mr Borsus sur l’application de l’A.R de 2015 en respect des règles du S.S.I.C.F

 

Mr Borsus :

 » Par le prisme de ma compétence sur le Service de Sécurité et d’Interopérabilité des Chemins de Fer (SSICF) et sur l’Organisme d’Enquête des accidents et incidents ferroviaires, j’accorde une importance toute particulière à l’amélioration de la sécurité du rail belge. Celle-ci constitue ma priorité numéro un depuis maintenant deux ans. Le tragique accident de Saint-Georges-sur-Meuse ne fait que me renforcer dans cette voie et je tiens à saluer le courage dont vous faites preuve, en vous impliquant de manière constructive dans ce défi ambitieux à la suite de ces circonstances et de ces événements si tragiques et douloureux.

 »

La suite disponible pour les membres de l’a.s.b.l sur notre forum

bonne lecture 😉

 

http://www.asbl-sfe.be/Forum/viewtopic.php?f=27&t=56&p=60#p60

[SFE] Courrier de Mr bellot vers Mr Cornu ( A.R linguistique 2015 )

Bonjour à tous,

 

vous trouverez sur notre forum le courrier officiel de notre ministre de la mobilité Mr Bellot envoyé à l’administrateur délégué actuel de la S.N.C.B Mr Cornu afin de connaître les dispositions prises concernant l’A.R sur les connaissances linguistiques par la S.N.C.B pour former son personnel …

 

http://www.asbl-sfe.be/Forum/viewtopic.php?f=27&t=55

[SFE] Retards, sécurité en rade, la SNCB est-elle impuissante ?

De côté

Retards, sécurité en rade, la SNCB est-elle impuissante ?

 

Les dernières sorties médiatiques du ministre Bellot ne sont que le reflet des constats posés par les cheminots eux-mêmes et les utilisateurs.

 

Le signal d’alarme est tiré depuis un certain temps, et quand un tel signal est actionné, c’est pour arrêter le train en urgence. Le but est de forcer l’arrêt pour face à la situation critique rencontrée, y remédier, et repartir dans de bonnes conditions en toute sécurité.

 

Sommes-nous dans ce scénario ?

 

Le rail demande beaucoup d’attention, car de « moribond » à l’heure actuelle, il est pourtant incontournable pour le futur, et sa marge de progression en termes de part de marché est énorme !

 

Nos décideurs l’ont-ils compris ?

 

La réponse ne coule pas de source ! Le ministre annonce 1 milliard d’€ pour finaliser le RER et d’autres projets, c’est un bon point. Mais cette somme vient d’un endettement supplémentaire autorisé, quand on connait la hauteur de la dette actuelle (autour de 3 milliards d’€ toutes entités confondues) est-ce bien raisonnable ? De plus, ce gouvernement réduit la dotation sur 5 ans, celle-ci servant en grande partie à payer la redevance réseau, la SNCB doit donc diminuer sa capacité d’investissement.

 

Le plan d’investissement 2016-2020 est d’ailleurs réduit de 800 millions d’€ (-20%), la somme prévue tourne autour de 3 milliards d’€, dont 1.8 milliard d’€ pour l’achat des M7.

 

La SNCB est à l’heure actuelle un grand paquebot sans capitaine, et sans plan de gestion, comment pourrions-nous aller vers un mieux ?

 

Les retards des trains s’accumulent au même rythme que les retards dans les repos, congés et recrutement du personnel.
Ce lien semble facile, pourtant c’est une évidence !
Le personnel opérationnel est celui qui est le plus sollicité, celui qui gravite autour des trains, celui qui est le plus sous pression car souvent dans l’urgence. Ce personnel est victime d’un management en manque de vision stratégique, ou d’un manque de clairvoyance tout simplement.
Un petit exemple suffit, dans des endroits où les effectifs sont à 80% de leur total prévu, on ne prend pas de la charge de travail pour 100%, c’est logique. C’est pourtant souvent le cas à la SNCB. Conséquences directes, la pression se fait plus forte, plus de malades longue durée, retards de congés supplémentaire etc… au final c’est dangereux, moins productif et bien plus cher.

 

Cela est dénoncé depuis longtemps, dans des gares de formation train voyageur comme celle de Forest/voiture par exemple, il y’a des problèmes. Le personnel doit travailler dans l’urgence, se déplacer sans arrêts, manœuvrer etc… le tout dans des conditions de sécurité déplorables.
C’est aussi le cas dans d’autres endroits, ce sont pourtant des maillons importants pour la régularité des trains. Un retard à la sortie de Forest en heure de pointe et c’est la cascade.

 

L’idée du ministre de mettre un responsable par ligne pourquoi pas. Vu le maillage et la densité du réseau, ainsi que le plan de transport actuel, font que bien souvent, un problème engendré quelque part, va se répercuter ailleurs.

 

La priorité, est de renforcer l’opérationnel en comblant les ETP prévus, en renforçant les équipes pendant la période d’heure de pointe, pour la sécurité c’est beaucoup mieux. C’est parfois courageux de supprimer plus vite un train qui a des soucis pour éviter la fameuse « cascade ». Repartir mieux le matériel n’est pas sot non plus, du personnel, du matériel et on peut vite mettre en place une solution de rechange.

 

Bon nombre d’incidents viennent également d’un manque d’entretien, ou de suivi, aussi bien matériel que l’infrastructure. Oui, il y’a des événements extérieurs, notamment personnes le long des voies en fortes augmentation.
Cela ne doit pas être l’excuse, nous pouvons dire que si tous les conducteurs ouvraient grands les yeux et appliquaient à la lettre les procédures, cela serait le chaos tous les jours sur le rail !!!
L’investissement le plus urgent doit se faire en personnel, cela réduira les erreurs, et augmentera la sécurité, car l’objectif prioritaire est bien celui-là.

 

Peu le savent, mais l’offre RER est déjà présente à 70%, c’est la mise à quatre voies qui va faciliter la régularité. Il faut donc accélérer ces chantiers et y implanter aussi l’ETCS directement. Augmenter la capacité (plus de trains) en ne mettant pas l’ETCS, c’est augmenter les risques par +/-3.

 

Tous les économistes le disent, il faut investir massivement pour relancer la machine.
La situation actuelle du rail n’a rien de « glamour », comment un opérateur privé pourrait-il s’y retrouver et y investir ?

 

Il faut donc arrêter de dire qu’avec le privé cela serait mieux, surtout que la plupart d’entre eux ne voient que la rentabilité court terme, et ne donne pas un € pour l’infrastructure. Que peuvent-ils apporter de plus en régularité et ponctualité ? Par grand-chose car ils n’ont pas les clés du réseau.
L’idée, est de faire de l’outil en place quelque chose de plus performant, en ayant un vrai plan pour le long terme. Il faut emprunter au privé ce qu’il fait de mieux, gestion plus pointue, offre plus personnalisée sur certains axes etc…

 

Rien n’est insurmontable, c’est une question de volonté et de priorité !!!

 

[SFE] Accident Mons novembre 2009 : Leopold Scaillet notre expert et administrateur nous livre ces quelques mots …

Il y a 7 ans déjà, triste souvenir de cet accident ferroviaire à Mons le 20 novembre 2009. Le Procès en cours actuellement … Notre administrateur et expert Leopold Scaillet nous livre ces quelques mots …

 

 

P’tit mot et gros coup de gueule sur l’accident de Mons

L’avocat de Thierry Denys (le conducteur impliqué) a fait parvenir la totalité de mon analyse (30 pages) au procureur sans la moindre censure. Je regrette la réserve de ne pas partager mon travail publiquement, cela pourrait nuire à la défense du conducteur.

Je respecte bien-sûr le conseil de l’avocat de Thierry, je peux néanmoins vous partager certaines constatations :

– Il faut l’accepter, la justice est à la justice ce que la première des priorités est à la sécurité ferroviaire : « des antagonismes, des prières religieuses, de la propagande, … ». Ce qui suit n’est qu’un exemple

– On vous a appris une représentation de votre réglementation et vous en avez fait une vérité de travail. En cas d’accident, cette même réglementation est interprétée d’une toute autre manière, en faisant abstraction totale de la réalité de terrain. La réglementation trouve un autre sens au travers des affirmations d’experts des différentes parties, ce n’est jamais à l’avantage du conducteur. Qui peut les contre-argumenter à décharge et en connaissance de cause ? Personne croyez-moi

– Personne ne vous a jamais dit à quoi vous vous engagez réellement quand vous signez vos études de ligne, les livres d’ordre. Dans la réalité juridique vous vous rendez responsables de tout ce qui peut se présenter dans la voie parcourue, c’est humainement impossible mais cet argument n’est lui pas retenu. Je sais que vous ne pouvez rien y faire, on vous oblige à signer, mais cette réalité injuste est celle que j’ai pu lire dans les rapports des experts, ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres

Je partagerai tous mes écrits dès que l’affaire sera clôturée, je suis certain que vous en sortirez troublés et dégoutés

Le coup de gueule

Ce coup de gueule est une expression toute personnelle de ce qui me désole profondément, elle n’implique en rien la philosophie ni les valeurs de l’ASBL-SFE

Il existe deux sortes de conducteur. Ceux qui sont conscients de la spécificité de leur travail, qui agissent en personne responsable en posant des actes adéquats aux situations rencontrées. Et puis il y a les conducteurs que je compare à des morceaux de carotte dans un bouillant chauffant. Quand une cuillère touille le bouillon, les morceaux tournent tous autour d’elle en rythme, en oscillant d’avant en arrière, symbolisant un « oui » inconditionnel. Plus vite la cuillère tourne plus les bouts de carottes s’empressent, en chauffant et en se ramollissant toujours un peu plus

Les premiers travaillent pour les seconds

Sur 84 conducteurs, seuls 3 ont renseigné le crocodile dérangé décrit dans l’accident. 81 bouts de carotte ramollis pour 3 conducteurs responsables ?

Comme je n’ai pas appris à communiquer avec les bouts de carottes ramollis, c’est à la première catégorie que je vais donner ces conseils :

– Malgré le sérieux que vous investissez dans votre métier, vous n’êtes pas à l’abri d’un accident, seule une formation spécifique permettrait d’apprécier avec justesse la valeur accidentogène de votre travail, vous ne la recevrez jamais.

 

– En cas d’accident vous serez seul, sauf si vous souscrivez une assurance juridique adaptée à votre métier (c’est onéreux, je suis à la DAS), dans ce cas vous pourrez prendre l’avocat de votre choix et vous donnerez l’opportunité à des aides extérieures de vous épauler efficacement.

– Remplissez tous les formulaires de sécurité correctement et sans retard.

– Vous n’avez pas eu de formation spéciale pour repérer tous les dangers mais faites remarquer vos doutes par écrit, faites des photocopies et gardez les précieusement.

– Ne cherchez pas le conflit, informez, gardez des preuves et c’est tout.

– Par expérience je sais qu’il est vain d’espérer une amélioration efficace de la sécurité par vos démarches, ce n’est pas un objectif qui nous est accessible. L’objectif de ces précautions est de donner des éléments favorables à votre avocat si vous êtes impliqués dans un accident. C’est une triste réalité qu’il est inconscient de sous-estimer.

Un métier particulier demande des mesures particulières, n’est-ce pas ce qui donne de la noblesse à la profession ? Nous pouvons lui donner de l’élégance à la condition de ne pas entrer dans le confort passif du bouillon qui vous est offert.

Léopold Scaillet